Paradoxe.

Pour nous, l'aïkido dépasse la simple notion d'art martial. Ce terme est trop souvent associé, à tort, à la force destructrice, le pouvoir, le contrôle sur l'autre. Hors, les « Arts » dits martiaux ont été historiquement crées par des hommes dont le soucis était de protéger, de sauvegarder, d'apaiser l'âme et le cœur en chacun.

Plus communement, l'aïkido est donc un art martial japonais, qui tire ses secrets d'une longue tradition de combattants, et dépassant bien entendu les frontières géographiques et culturelles nippones. Mais c'est dans un paradoxe parfois déroutant que cette discipline évolue. Issue des champs de batailles, ses techniques se sont progressivement arrondies, non tant par leurs formes que par leurs finalités. En effet, alors que beaucoup d'arts de combats proposent la destruction – légitime ou non - d'un agresseur, l'aïkido en tant que discipline, prend le pari d'apporter un enseignement basé sur le combat mais dont la finalité est la conservation physique, aussi, de l'agresseur lui-même. Ne dit-on pas que la violence appelle la violence ? N'a-t-on pas non plus de flagrants exemples dans certaines parties du Monde où des conflits devenus incompréhensibles n'en finissent plus ?

Vivre l'expérience d'une technique d'aïkido parfaitement exécutée vous vide instantanément de toute velléité. Que de difficultés alors à entrer de nouveau dans la concentration que demande le travail d'une attaque sincère après un tel événement !!! Certes, cette étude peut prendre une vie entière. Mais quels bénéfices ne reçoit-on pas ?

J'ajouterai que l'aïkido n'est pas la seule discipline dont les valeurs dépassent la dimension de vaincre. Il ne s'agit finalement que d'une forme parmi d'autres. Seulement, celle-ci revêt semble-t-il plus clairement, les habits de ses principes.

Si on accepte le postulat que l'aïkido est la "voie de la rencontre des énergies", en quoi le kendo, le judo, le taïdo, le iaïdo, le shodo, le shado, le kyudo...ne seraient pas à même de proposer dans leurs formes, cette rencontre ? Je suis persuadé qu'ils le font. Certains senseï ne nous disent-ils pas que le but ultime est d'oublier les techniques ? Et à bien y penser, dans un combat au sens le plus pur du terme, quelle convention existe à part celle de vivre l'instant, "dans" l'instant et "pour" l'instant.

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