Intuition plasticité aïkido...la suite

Il y a un an et demi, je partageais avec vous le résultat d'une réflexion liant une intuition sur l'aïkido et la découverte de connaissances autour de la plasticité du cerveau. Depuis, ma compréhension s'est aiguisée et s'est nourri de nouvelles compétences. Mon premier article sur le sujet présentait le lien qui unissait plusieurs événements séparés :

- une intuition sur la manière dont on utilise un objet, ici l'aïkido, et qui selon les circonstances peut apporter bienfaits ou méfaits.

- une rencontre avec Loïc LEHANNEUR et la méthode Padovan qui m'ont donné à voir les potentialités que chacun possède en lui et où certains adolescents autistes ou handicapés pratiquent encore aujourd'hui le junomichi avec nous, au cours adultes.

- des ouvrages comme « La personne et sa croissance » (Fondements anthropologiques et psychologiques de la formation PRH) qui posait une question essentielle sur l'Homme, « Naît-il programmé, fatalisé ? Où donc est sa liberté ? ». Ou encore « Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau » qui évoquait la rencontre de l'auteur, Norman Doidge, psychiatre psychanalyste Canadien, avec l'extraordinaire faculté de plasticité du cerveau.

- puis une évidence, celle qui m'a fait comprendre à travers mes diverses expériences que mon sentiment d'épanouissement pouvait aussi procéder d'une optimisation de mon schéma cérébral, induisant l’actualisation ou l'amélioration de capacités cognitives et physiques, et que tout ceci était assujettis à une répétition de gestes particuliers, devrais-je dire aujourd'hui, de "bons gestes".

Dernièrement, j’ai eu la chance de suivre une formation de 4 jours sur Paris, traitant des mouvements archaïques rythmiques du fœtus puis du nourrisson, responsables de sa construction et de son développement mental et corporel. Le plus étonnant pour moi fut de me rendre compte à quel point le lien entre le corps et "l'esprit", si vous me permettez d'en user, était fin, mince, arachnéen. Au premier jour, il me fut presque impossible de savoir, de qui la poule et l’œuf naissait le suivant. Mais je laisse cette épineuse question aux sémiologues, aux généticiens ou aux cosmologistes.

Plus sérieusement, la question posée par André ROCHAIS, l'Homme « Naît-il programmé, fatalisé ? Où donc est sa liberté ? »,  et l'évidence reprise ci-dessus concernant le schéma cérébral, sont deux axes entrants fortement en résonance avec ma dernière rencontre ; le RMT (Rythmic Movement Training). En effet, à travers cette approche, nous apprenons que l'Homme "est programmé". Mais seulement pour permettre l'optimisation des facultés de son corps et de son mental. A l'interrogation sur la fatalité, paradoxalement, c'est tout à fait le contraire. Les possibilités de réadaptation, de reconstruction, ou de rééducation sont inouïes, et simples. Devrais-je dire "complexes certes mais pas compliquées".

Les programmes, ou réflexes archaïques, initiés dans et par le châssis nerveux lors du développement d'un individu se font principalement intra-utérin et pendant les premières années de la vie du nourrisson. Exactement quand? Nous pourrions retenir l'idée qu'à partir du moment où nous savons marcher, il ne reste plus grand chose à faire qu'à utiliser ce qui est en place...ou pas. Ainsi, lorsque ces programmes ne se sont pas correctement développés, ou ne sont pas arrivés à maturation c'est à dire qu'ils sont restés à l'état de réflexes archaïques involontaires, les problèmes s'installent, parfois à notre insu jusqu'à l'âge adulte. Mais ils génèrent bien souvent de nombreux troubles très énergivores dés l'enfance.

Au stade du fœtus et du nourrisson, l'apprentissage "primaire" passe, entre autre, par la répétition de gestes extrêmement précis permettant la mise en place de réflexes plus élaborés, dits posturaux. Et si ces gestes primaires ne sont pas complètement réalisés, quelle qu’en soit la raison - par exemple lorsque le bébé est sans cesse installé dans un landau en position assise et qu'il ne peut pas apprendre à se retourner seul ou bouger comme l'ordonne ses programmes d'initialisation - alors il accumulera des "lignes de programmes erronées" ; à titre d'exemple, les troubles de l'attention et l'hyperactivité !!!

Bref. En aïkido comme dans tous les arts martiaux, l'apprentissage se fait aussi à travers la répétition de techniques qui, pour être efficaces, doivent être très précises. Mais pas uniquement selon moi. Elles doivent également répondre aux exigences de notre nature corporelle, et ce faisant, permettre un meilleur équilibrage tant au niveau physique qu'au niveau de notre intellect, de la gestion de nos émotions, de notre manière d'aborder et de voir le monde extérieur et l'existence. Pour être plus clair, les techniques que vous répétez si souvent et avec tant d'ardeur et parfois de souffrance, s'inscrivent dans vos schémas neuronaux. Si elles ne sont pas en "harmonie" avec votre système de fonctionnement, quels impacts peuvent-elles avoir sur vous, sur votre capacité à vous tenir debout, sur votre capacité à supporter un stress, sur votre capacité à mémoriser, sur votre capacité à comprendre votre environnement, sur votre capacité à avoir une vie spirituelle mûrement réfléchie pourquoi pas?

Selon mon expérience, la manière dont nous vivons à travers notre pratique doit nous renseigner sur sa justesse. Dans le cas où les blessures deviennent récurrentes est le critère le plus facile à évaluer. En revanche, lorsqu'une pratique n'apporte rien d'autre qu'une dépense physique, lorsqu'elle ne permet jamais d'améliorer notablement votre sentiment d'équilibre, votre sentiment d'assurance et de confiance, dans ce cas questionnez sa sincérité.

Avec l'immense plaisir de vous avoir donné "à suivre".

Meda   :)

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